Ars brevis vita longa

Antonio Sobral, Old Interior |17.04.2011| par Lorraine Pidoux

Posted in arts by sweetsweetzerland on 17/04/2011

A voir avant le 4 mai 2011 à La Placette à Lausanne : Old interior, une intervention de l’artiste brésilien Antonio Sobral.

Pourquoi? Parce qu’en plus d’être superbe du point de vue formel, l’oeuvre réalisée pour la vitrine de La Placette donne à penser. Intitulé Old Interior en référence à la photographie d’un salon bourgeois qui en constitue l’arrière-fond, ce collage de grand format est encadré de volutes de fumée qui plongent la scène centrale dans une atmosphère de rêve ou de cauchemar. Des corps nus de différentes tailles, morcelés et évanescents semblent flotter dans ce salon vintage, rappelant la Golconde de Magritte. Mais, plus de cinquante ans après la fameuse toile surréaliste, ce n’est plus en pardessus que les hommes pleuvent sur la ville… dans Old Interior, ils sont dépouillés de tout vêtement et dépourvus de tête.

Lorraine Pidoux: Quelles sont les références auxquelles vous faites appel ?
Antonio Sobral: Je suis très influencé par le travail de la dadaïste Hannah Höch mais aussi par le surréaliste John Stezaker. Comme lui, j’interroge la relation entre l’image et la photographie en utilisant pour mes collages des symboles de la culture moderne trouvés dans des magazines – la photographie d’un salon de Philadelphie – ou des vieux films pornographiques allemands pour les corps nus de Old Interior. Sur le plan théorique, je ne peux que conseiller la lecture de Pierre Jean Varet, référence sur l’art du collage contemporain.

LP: De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue ?
AS: Mon travail est militant. Je me pose en activiste critique de la société bourgeoise qui est hypocrite et redoute le scandale. Dans cette oeuvre, j’ai voulu symboliser la perte d’identité, la banalité monotone du quotidien et donner des grands coups de ciseaux dans les carcans moraux de la société bien pensante. Le collage est une technique naïve et brutale qui permet de dire tout cela au spectateur en montrant des choses concrètes. Par ailleurs, l’idée de ce travail est liée au lieu où il est exposé : la vitrine comme espace intérieur ouvert sur l’extérieur. J’ai voulu jouer avec ce rapport en donnant au spectateur la possibilité d’entrer dans mon oeuvre comme on entre chez quelqu’un.

LP: Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels sous-jacents ?
AS Tout est intime dans mon oeuvre…

Antonio Sobral, Old Interior
Espace d’exposition La Placette
Cour intérieur de la rue des Terreaux
1004 Lausanne

www.laplacette.ch

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