Ars brevis vita longa

Une tête bien faite |12.01.2010| par Catherine Cochard

Posted in arts by sweetsweetzerland on 12/01/2011

Tout le monde se souvient de For the love of God. Mais si, le crâne indécemment recouvert de diamants par Damien Hirst. Une oeuvre qui devint le bouc émissaire des médias pour parler des excès du marchés de l’art contemporain et des nouveaux riches amateurs de clinquant. Des raccourcis faciles empruntés par des observateurs peu avisés et en quête du « faux-pas » qui leur permettrait de dire haut et fort tout le mal qu’ils pensent de l’art actuel et de ses acteurs. Comme une réaction de peur instinctive face à ce qu’on ne comprend pas.

Or, le chef d’oeuvre de Hirst ne peut évidemment pas se résumer à si peu de choses. Il tient au contraire un discours intelligent et sensible sur la vie, la mort, la valeur des choses et la vanité de l’existence. Se référer à mon papier plus ancien sur les memento mori.

La star britannique des enchères refait parler d’elle aujourd’hui avec une nouvelle pièce similaire à For the Love of God intitulée Heaven’s Sake: un crâne de bébé en platine recouvert de plus de 8000 diamants blancs et roses. C’est les joailliers de la couronne, Bentley & Skinner, qui se sont chargés de réaliser l’ouvrage selon les directives de l’artiste. La boîte crânienne est actuellement présentée dans la galerie Gagosian de Hong Kong puis elle sera montrée dans celle de Londres.

«Quand on regarde ce crâne, on pense à la mort, a déclaré Hirst à la presse. Et le fait de la voir si somptueuse, ça donne de l’espoir! Les diamants sont le symbole de ce qui est éternel. Mais comme toute chose en ce bas monde, ils ont aussi leur part obscure… »

Selon le London Telegraph, si le galeriste ne donne pas le prix de cette nouvelle pièce, les analystes s’attendent à ce qu’elle atteigne au moins 50 millions de dollars. Une somme que les protestations et controverses ne feront pas baisser. Au contraire, la polémique qui enfle autour de l’oeuvre ne peut qu’attiser le désir de possession des acheteurs.

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