Ars brevis vita longa

Quand Rodriguez touche le fond |02.11.2010| par William Türler

Posted in cinéma, société by sweetsweetzerland on 03/11/2010


[photo: ©2010 Fox]

Pour résumer, on pourrait dire que ce qui marchait il y a encore quinze ans tombe complètement à plat aujourd’hui, sonne ringard, has-been, réchauffé.

Voilà la différence entre l’excellent From Dusk till Dawn du même Robert Rodriguez et le désastreux Machete, qui devrait sortir sous peu en Europe.

Avec le premier, le sentiment de nouveauté n’était pas chiqué, tant le genre cinématographique – mi gangster, mi vampire-gore – n’avait encore été tenté. Clooney, Tarantino, Juliette Lewis, Harvey Keitel et Salma Hayek, pour ne citer qu’eux, y étaient parfaits. Sans parler de la BO (ZZ Top, Tito & Tarantula…), taillée pour le décor poussiéreux de la frontière américano-mexicaine. Mieux, quinze ans plus tard, le film n’a pas pris une ride.

Dans Machete, certaines tronches sont recyclées, notamment celle du protagoniste Danny Trejo, avachi par les années et aussi expressif qu’un cactus de Baja California.

On le sait, le film ne prétend pas être une œuvre majeure du 7ème art. Mais il reste complètement raté – pire, pas drôle pour un sou! – même en le visionnant au 4ème degré. Les actrices, souvent nues (Lindsay Lohan, Jessica Alba…), restent (très) mauvaises et ne parviennent pas à sauver cette entreprise du naufrage, pas plus d’ailleurs que ces bons vieux Don Johnson ou Steven Seagal. Quant à De Niro… Bref, arrêtons-nous là.

Pour résumer, cher Robert Rodriguez: pourquoi tirer sur la corde d’un vieux concept qui fut en son temps innovant ? Et pourquoi, soyons fou, ne pas prendre exemple – dans le registre qui est le vôtre – sur Stanley Kubrick, qui ne racontait jamais deux fois la même histoire tout en les imprégnant chacune, dans les moindres détails, de sa patte inimitable…

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