Ars brevis vita longa

La valeur des choses |22.10.2010| par Catherine Cochard

Posted in société by sweetsweetzerland on 22/10/2010


[photo: scarletgreen]

Il y a un an, tous les grands patrons du luxe craignaient que leurs clients ne se désintéressent de leurs onéreux produits en raison de la crise. Les seuls mots capables de calmer leurs peurs étaient ceux de «relais de croissance». En somme, pour parer au pire des scénarios, il fallait trouver des consommateurs de substitution, riches et prêts à mettre au plus vite la main au porte-monnaie. Or, quelque douze mois plus tard, le marché reprend des couleurs de façon même euphorique pour certains. Le groupe LVMH (avec les marques Louis Vuitton, Givenchy, Moët & Chandon, Dom Pérignon, ou encore Tag Heuer) a en effet publié des résultats trimestriels supérieurs aux prévisions. Même scénario chez Hugo Boss.

Une croissance qui, selon les analystes, est mondiale et ne se limite pas à l’Asie. Le luxe est donc pour le moment rassuré. La demande pour ses produits n’a pas faibli. Et malgré les oiseaux de mauvaise augure qui craignent qu’une bulle spéculative ne soit déjà en train de prendre forme, certaines griffes se sont immédiatement adaptées. Puisque le consommateur continue d’acheter et en demande toujours plus, plusieurs acteurs du secteur ont d’ores et déjà augmenté leurs prix, à l’instar de Chanel ou de Louis Vuitton qui ont poussé (le bouchon) jusqu’à des hausses de prix pouvant aller jusqu’à 9%, selon le quotidien Le Temps.

Ce qui me fait dire que le mot «valeur» n’a plus vraiment de valeur. Car assurément, à sac monogrammé semblable, celui qui a le plus de valeur est encore celui acheté il y a de cela une poignée de mois. Il avait au moins le mérite de ne pas se payer ouvertement la tête de son acquéreur.

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