Ars brevis vita longa

+ Dean Jokanović Toumin jusqu’au 25 juin 2010 Flux Laboratory Carouge

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 29/05/2010


Dean Jokanović Toumin est né en 1946 à Sarajevo. En 1970, après ses études à
l’Académie des Arts appliqués de Zagreb, il déménage en Italie (Milan,
puis Venise) où il noue des contacts avec la scène artistique internationale. Son parcours se distingue d’abord par une approche analytique de la peinture en tant
que médium (en partant de la « peinture pour la peinture » jusqu’aux interventions de
conceptualisations spatiales en passant par des installations). Depuis 1993, il fait
preuve d’un intérêt croissant pour une approche artistique de la société. Il a fondé l’association Doma /( A casa / At Home) dont il est aussi le curateur d’exposition. Par le
biais de cette association, il participe à de nombreux projets artistiques
internationaux (de la Biennale de Venise à la coordination de tournées d’exposition
de plus grande amplitude, comme celle qui permit de montrer le travail des artistes croates contemporains en Amérique du Sud en 1997-98).

Depuis 2005, Dean Jokanović Toumin se concentre sur des projets spécifiquement développés pour un lieu précis. Ses travaux portent le titre «La ligne en tant que dimension spatiale».
Après ses expositions au Musée d’Art Moderne de St-Etienne, au Pavillon
Mestrovic à Zagreb (2006) et à Sarajevo (dans le cadre du projet international Ars
Aevi /Centar Suvremene Umjetnosti 2007), il se consacre à la série « La ligne en tant que dimension spatiale » qui sera exposée à Zagreb/Gliptoteka, à Rovinj, à Milan,
Genève et Rijeka.
Depuis 2008, Dean Jokanović Toumin enseigne à l’Académie des Arts de Split, en
Croatie. En 2007, son projet «La ligne en tant que dimension spatiale» a
obtenu le prix annuel d’excellence dans le domaine artistique en
Croatie, une récompense décernée par l’Académie croate des Arts et des Sciences (HAZU).

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Ce travail se trouve dans la continuité des recherches que j’ai effectuées dès le début de mon parcours artistique. Cette continuité de mon travail, je ne m’efforce pas de la mettre en place, elle est là, c’est tout .Le hyperboloïde parabolique / le paraboloïde hyperbolique se trouve dans ma sphère d’intérêt aussi longtemps qu’il est possible d’élaborer une sorte de tension énergique ou énergétique, qui peut être suivie et interprétée dans la matière choisie (latex naturel – tube élastique). C’est la raison pour laquelle j’ai passé beaucoup de temps à faire le choix d’une matière adéquate dont les possibilités techniques et technologiques me permettent de répondre à l’exigence imposée.
Tout ce qui se passerait en dehors de cet événement de la matière serait aussi hors de mes intentions initiales. Mais si je désire atteindre cette sorte de tension qui émane de son énergie intrinsèque – son positionnement dans l’espace nécessite alors des mesures et une installation précises semblables aux forces qui définissent et déterminent l’espace intérieur du lieu de l’exposition. Je me rapproche ainsi d’une certaine procédure analytique qui mène au bord même de toute analyse possible et qui met en même temps en doute la rationalité de la méthode.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Je pense que dans l’Art toutes les références font référence à l’Art lui-même. A Zagreb, où j’ai étudié durant les années 60, il y avait une sorte de tendance selon laquelle les artistes devaient analyser leur pratique artistique. C’était en partie dû au constructivisme russe dont nous sentions la proximité. Mais nous étions également dans une position particulière en Croatie, d’un point de vue social et politique, car nous pouvions aussi – par notre position géographique – orienter notre travail artistique vers l’Europe occidentale et les Etats-Unis. En déménageant en Italie dans les années 70, j’ai pu encore plus développer mes contacts avec la scène artistique internationale. Je pense que mon travail porte en lui des références aux lieux où j’ai travaillé, aux milieux et courants artistiques par lesquels j’ai passé et au sein desquels j’ai développé ma pratique. D’autres références de mon travail consistent en mes intérêts personnels.
J’ai toujours essayé d’exprimer et d’accentuer ces intérêts personnels par l’écrit. Comme je l’ai fait dans une précédente pièce ou j’ai adressé un « Salut! » à Julije Chourineur, Piet Mondrian, Kasimir Malewitch ou à Harald Szeemann. Autant de noms qui m’ont beaucoup influencé et que je cite dans ma pratique.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Il faut différencier la production de la réception de l’oeuvre. Le second dépend du spectateur. Lorsque je produis mon travail, que je crée, je ne pense pas du tout à la façon dont se déroulera la réception. Bien sûr, je ne pourrais pas travailler sans une audience à qui présenter mon projet, mais pour moi l’idée et la réalisation sont complètement détachées de la réception finale de l’oeuvre. Le dialogue ne commence qu’après que le travail soit terminé. Ainsi, l’espace devient un moyen de communication, un espace social.

4- Quelle est la part intime de votre œuvre?
Le travail lui-même. Il n’y a pas de secret caché, mais simplement peut être ce que l’on voit n’est pas toujours vraiment ce que l’on voit.. pour contredire Frank Stella. Mais l’important ne réside pas dans mon intimité mais dans celle qu’entretient le spectateur avec l’oeuvre. Ni moi, ni n’importe quel autre artiste, ne pouvons contrôler ce que le spectateur voit vraiment. Et il est parfois plus important de prendre conscience que les choses que nous pouvons entrevoir en regardant une oeuvre ne sont pas les mêmes que celles qui sont objectivement visibles. C’est même selon moi une question cruciale de l’art. L’art c’est l’opinion que chacun se fait de l’espace.

jusqu’au 25 juin 2010
Dean Jokanović Toumin – Salutations, Grande exposition en hommage à Harald Szeemann
FLUX Laboratory
10, rue Jacques-Dalphin
CH – 1227 Carouge
Téléphone +41 22 308 14 50

www.fluxlaboratory.com

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