Ars brevis vita longa

+ Patrick Weidmann jusqu’au 10 juillet 2010 Cars & Bikes Analix Forever Genève

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 25/05/2010

Notice biographique et personnelle de l’artiste Patrick Weidmann:
« Mon travail pictural débute en 1983. D’emblée il s’oriente vers l’appropriation ou le retraitement des sémantiques de l’abstraction, puis devient une pratique plus autonome. Mes investigations se portent alors vers une hybridation sélective et ironique des lectures possible du tableau. Les constituants essentiels de la peinture deviennent le terrain d’un détournement calculé mais aussi digressif.

Dès 1985 j’introduis des photographies sur toiles et des objets trouvés souvent métalliques et brillants dans des ensembles et des assemblages qu’on pourrait appeler des installations. Ce travail beaucoup plus éclaté et spatial convoque des niveau d’intensité et des matérialités ou des médiums volontairement opposés.

Les années quatre-vingt sont également consacrées à cinq courts métrages. Ils mettent en scène, alternativement, l’urbanité nocturne et glamour de New York, la platitude lagunaire de Venise, mais aussi et surtout des rituels féminins baroques purement fictifs. Le mélange constant de pellicules noir/blanc et couleur apporte une touche déréalisée, parfois théâtrale, instillée d’artifices érotiques. Un choix de musique volontairement décalées participe à cette instabilité vitale mais fortement structurée.

Vers 1993 ce cycle expérimental s’épuise. Pour des questions d’autonomie personnelle j’oriente mon travail exclusivement vers la photographie et l’écriture. Entre 1993 et 1996 je compose « happy ends », un ensemble de 625 textes, fictions, aphorismes et récits divers, apparemment déliés, mais répondant à une exigence stylistique et mentale proche du modèle moral français quoique conduite par une posture plus anglo-saxonne.

Entre 2000 et 2004 je compose « Nec plus ultra », un corpus de 26 « nouvelles ». Chaque histoire reste indépendante mais répond à la volonté de mettre en évidence les désynchronies narratives contemporaines. D’une part faire usage d’une écriture symptomatique d’un regard d’artiste, d’autre part, prendre les risques qui s’imposent, en sondant les libertés offertes. Ces textes ont été écrits dans plusieurs villes européennes, souvent à l’occasion de bourses qui m’ont été attribuées.

Depuis 1996 mon travail de photographie et son champ lexical est plus ou moins concentré sur des esthétiques de masses, donc très concrètes. En effet, celles-ci portent les stigmates d’une société qui réalise dans la scénographie de la perfection consumériste, une manipulation sémantique aussi virulente qu’énigmatique. Les promesses de bonheur se retrouvent en définitif être des vecteurs de mort programmée. Certainement, les outils symboliques ou publiques de ce mensonge opératoire nous sont familiers. Mais l’espace généré par les failles du système reste un terrain propice à l’ombre, à la sidération, autrement dit, à la fiction. Pour le spectateur, là encore, si les rites qui déterminent la consommation des signes et des objets peuvent aussi visiblement renvoyer à la fétichisation, c’est qu’ils fonctionnent plus ou moins consciemment comme des noeuds sur lesquels se greffent des rapports de désirs, de connivence ou de perversion. L’enjeu est également d’activer une autonomie de l’espace photographique par rapport à la captation du réel. »

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Je prends en photo des fragments et parties de véhicules et de scènes. Ce sont des métaphores de ce qui devrait arriver, de ce qui devrait être vu. Je voudrais activer les spécificités du médium photographique en tant que tel.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
La photographie elle-même.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Même si les sujets de mes photographies sont obsessionnels, j’aime l’idée que ces obsessions puissent disparaître derrière l’idée même de devenir des objets.

4- Quelle est la part intime de votre œuvre?
Par ce travail, mon but vise également à activer la collusion entre les promesses d’un bonheur immédiat et le côté obscur des stratégies criminelles. C’est dans cette idée que réside la partie critique de mon acte artistique, à un niveau sociologique.

jusqu’au 10 juillet 2010
Patrick Weidmann – Cars & Bikes
Analix Forever
Rue de l’Arquebuse, 25
CH – 1204 Genève

tél. +41 22 329 17 09

www.analix-forever.com

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