Ars brevis vita longa

+ Franklin Chow jusqu’au 19 juin 2010 Galerie Anton Meier Genève

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 29/04/2010

Franklin Chow (Qiu Daxiong) est né à Shanghai en 1946. En 1949, il se réfugie à Hong Kong, puis il part étudier en 1964 à Paris. Formé à La Grande Chaumière de Paris et profondément imprégné par son héritage chinois, Franklin Chow a développé un art où se rejoignent subtilement peinture traditionnelle chinoise et art contemporain occidental. S’y révèlent aussi les traces de multiples influences : beaux-arts, art de la calligraphie, communication visuelle, textes littéraires et univers cinématographique. Il utilise une technique mixte, mélangeant encre de chine et huile pour des peintures aux matières délicates, aux tonalités sourdes et aux tons délibérément limités (noir, gris, blanc). Il travaille à Sainte-Croix.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Il s’agit d’un tondo – une composition picturale réalisée sur un support rond – qui fait usage d’encre de Chine comme base et huile comme revêtement de surface pour donner à la peinture une texture et structure particulières. Plus je travaille sur cette oeuvre, plus je réalise que je suis entrain de peindre une mise en garde à ma propre attention: si je ne prends pas garde, je peux être absorbé dans un grand trou béant, et ne plus jamais être vu ou entendu. En rétrospective, ceci est particulièrement effrayant compte tenu de ce qui est arrivé avec le cas récent des cendres du volcan islandais, excepté que dans ce cas là, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit puisqu’il n’y a pas eu d’asborption, mais plutôt une sorte de vengeance vomissante.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Je fais référence à toutes sortes de choses comme à rien du tout en particulier. Parfois il s’agit simplement d’éléments volages qui proviennent de mon imagination, et parfois simplement l’expression de comment je me sens. Je ne me rends compte qu’après coup, à la fin de mon travail, de ce qui m’a inspiré, motivé. Au début, lorsque je dépose de l’encre sur le canvas, tout ce à quoi je pense c’est à quelque chose de circulaire, à un cercle dans un cercle, à quelque chose de profond, de cosmique, à quelque chose qui ressemble à un cratère. L’encre ne me sert qu’au commencement à définir les tracés géographiques. C’est par les couches successives de peinture à l’huile que la dimension du tableau prend forme. Dans mon esprit et à travers mes yeux je vois alors un lieu étranger où tout est calme, silencieux.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Je n’impose pas de lecture à mon travail: on peut l’interpréter de la manière dont on le souhaite. L’oeuvre d’une personne peut être le poison d’une autre. Selon moi, il est bon de garder l’esprit ouvert, le coeur aussi si possible, et si rien ne se produit, alors il faut passer son chemin.

4- Quelle est la part intime de votre œuvre?
L’intimité se trouve au-delà des yeux nus. Cette intimité se crée lorsque quelqu’un établit un contact avec le canvas vierge. La pointe d’un pinceau, le premier jet de l’encre sur la toile sont autant de gestes intenses de possessivité. Finalement, tout ceci est insaisissable puisque chaque peinture possède sa propre existence. L’artiste n’est qu’un parent de substitution

jusqu’au 19 juin 2010
Franklin Chow
Galerie Anton Meier
Palais de l’Athénée
2, rue de l’Athénée
CH-1205 Genève
Tél: +41 22 311 14 50

www.antonmeier-galerie.ch

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