Ars brevis vita longa

+ Pierre-Yves Massot jusqu’au 14 mai 2010 Café de l’Ancienne Gare Fribourg

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 11/04/2010

Pierre-Yves Massot, né à Avignon (F) en 1977, vit et travail actuellement à Fribourg.
Après une maturité et un passage à l’université (à Lausanne en géologie et à Fribourg en journalisme), il décide de se lancer dans le journalisme et trouve une place de stage à La Liberté en tant que photographe en 1999.
Il effectuera pendant ce temps un formation au Centre Romand de Formation pour les Journalistes (CRFJ) où il obtiendra son diplôme et sera nominé au prix Chuard.

Par la suite, après avoir quitté La Liberté, il fera deux séjours marquants de six mois. Le premier à St-Petersbourg en Russie, où il collabore avec divers magazines russes, et le deuxième au Brésil pour réaliser un reportage sur la capoeira.

Depuis 2003 il est photographe indépendant et collabore régulièrement avec différentes rédactions Suisses (dont Le Temps, le Tages Anzeiger, Migros Magazine…).

La thématique de la migration l’a toujours accompagnée. Il s’y est penché en tant que photographe pour la première fois en 2001, réalisant un reportage sur plusieurs mois de l’occupation de l’Église St-Paul à Fribourg par le collectif de sans-papiers. En 2003-2004 il réalisera un travail sur les requérants d’asile, série de photos qui remportera le 1ere prix SWISS PRESS PHOTO 2004. En 2008-2009, il réalisera une enquête, avec Carine Roth et Aline Andrey, sur les conditions de vie dans les centres d’aide d’urgence suite à l’introduction de la nouvelle Lasi.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Il s’agit d’un travail engagé sur la question de l’appartenance. Le sentiment d’appartenir à un endroit, respectivement à une communauté, vient naturellement. Ce n’est pas parce que l’on est né à tel ou tel endroit que le lien va être plus fort, ou plus légitime. N’importe quelle personne qui pose ses valises pendant un certain temps à quelque part va pouvoir sentir et même revendiquer une appartenance au lieu.
C’est une réaction à des arguments tels que « Ma maison – notre Suisse » prônés par l’UDC, arguments qui ne peuvent que mener à une société qui se dégrade. Je reprends cet argument et le retourne, pour le transformer en quelque chose de positif.
Mon message est simple, en définitive. Le traitement l’est aussi. Des paysages, se combinant avec des portraits de Fribourgeois d’ici et d’ailleurs, le tout côtoyant des scènes qui reflètent une vision plus intime et personnelle. J’ai essayé d’y ajouter un peu de poésie ainsi que des degrés de lectures différents. Là réside, je l’espère, toute la subtilité de ce travail.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
En matière de photographie, je viens du « photo-journalisme ». C’est à dire que je questionne la société, que je donne à voir des réalités qui sont parfois cachées. J’ai une âme de reporter, c’est ma formation. J’ai d’ailleurs eu la grande chance de côtoyer des gens comme Roger de Diesbach à qui je dois beaucoup. Cela m’a fortement influencé.
Mais je raconte ces histoires au travers de la photographie, ce qui implique forcément qu’il y a une grande part de subjectivité et de recherche formelle dans ce que je fais. REGARD D’ICI, D’AILLEURS est un travail qui va encore un peu plus loin dans cette direction : ce n’est pas à proprement parlé du reportage, ni vraiment une enquête. Cela dit, je me base toujours sur une réalité sociale dans le but de susciter le débat.
De plus, la lecture du livre Les Identités meurtrières de Amin Maalouf m’a encouragé à m’intéresser à cette idée d’appartenance. En me basant sur son cadre théorique j’ai mené ici ma propre réflexion photographique.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Comme une éloge de l’ouverture. Je suis né dans une ville dont le blason consistent 3 clefs d’or et j’ai été adopté par une autre cité sur le blason de laquelle ce sont 3 tours qui sont représentées. Il n’y a plus qu’a ouvrir les portes.

4- Quelle est la part intime de votre œuvre?
Etant moi-même le fruit de la migration et du mélange culturel, cela m’a mené naturellement à traiter de sujets en lien avec cela. Je suis né dans le sud de la France, d’une mère sicilienne et d’un père d’origine espagnole. Je vis en Suisse depuis l’âge de 11 ans. Cela fait une dizaine d’années que je suis arrivé à Fribourg, une ville que j’aime profondément et que je considère aujourd’hui comme étant mon «chez moi».
Mais ce n’est pas spécifiquement un travail sur le canton de Fribourg que je présente ici. J’aurais tout aussi bien pu mener cette réflexion au Burundi si je m’y étais installé.

jusqu’au 14 mai 2010
Pierre-Yves Massot
Regard d’ici, d’ailleurs
Café de l’Ancienne Gare
Fribourg
+41(0)26 322 57 72

www.anciennegare.ch

www.realeyes.ch

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