Ars brevis vita longa

+ Nicole Hametner jusqu’au 30 mai 2010 Promenons-nous dans les bois Espace Arlaud Lausanne

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 26/03/2010

Le Sapin, tirage lambda, contrecollé sur alu, 265 x 200 cm, 2010

Nicole Hametner est née en 1981 à Berne. Diplômée en 2008 de l’Ecole supérieure en Photographie de Vevey, elle a reçu le Prix de la Photographie 2009 du Canton de Berne pour sa série Aster qui est publiée en collaboration avec Patrick Lebescont (Filigranes Editions, CEPV 2008). Ses dernières réalisations nous transportent subtilement dans des univers-frontières, entre le visible et l’invisible, comme l’ont montré ses expositions à Vevey, Bienne, Paris et récemment à Strasbourg. L’artiste commente ici une de ses œuvres réalisées pour l’exposition « Promenons-nous dans les bois », qui propose un dialogue avec deux autres artistes – le graveur Pierre Aubert et le plasticien Vincent Kohler – autour du thème de la forêt.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Le Sapin questionne les relations entre photographie et xylographie. La dimension nocturne joue ici un rôle important, je cherche par ce médium ce qui se trouve à la limite du perceptible. Le long temps de pose de cette photographie permet d’imprégner la lumière faible de la nuit sur le support du film, tout en évoquant la longue exécution d’une gravure sur bois. Avec son grand format (265 x 200 cm), Le Sapin constitue le centre de la série photographique exposée dans la rétrospective de Pierre Aubert à l’Espace Arlaud. Présence énigmatique, un arbre est rendu visible grâce aux sels d’argent. Brillant tout seul dans la forêt, il fait référence au monde du conte et à l’imaginaire. La scène fonctionne comme un décor du théâtre révélant une absence dans une atmosphère sombre et entourée de silence.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Le romantisme noir et le sublime lié à l’angoisse constituent de grandes influences dans mon travail. J’explore à travers la photographie ce qui m’attire dans l’idée de la mort et de l’obscurité. À partir d’une construction mentale, un univers visuel se crée, toujours plus proche d’un sentiment que d’un endroit concret, l’artifice jouant un rôle important. Hormis des auteurs comme Hoffmann, Kafka et Freud, c’est l’œuvre de Sugimoto qui m’inspire le plus par l’absence, le vide, ainsi que par le caractère immobile et atemporel de ses photographies.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Souvent entre le pictural et le photographique, les différents supports convoquent la matérialité et montrent le volonté de pouvoir entrer dans l’image à travers la texture. Mes photographies proposent un univers suggestif, sans narration concrète. Combinaison du rationnel propre au monde contemporain et du fantastique, le référent reste toujours imaginaire, renvoie vers un ailleurs et laisse le spectateur libre de voir ce qu’il souhaite.

4- Quelle est la part intime de votre œuvre?
L’ensemble est un choix personnel, lié aux questions abstraites autant qu’existentielles par rapport aux vanités, à la psychanalyse et au romantisme noir. Et si mon travail se base sur un vécu individuel il s’offre toutefois à un discours plus large.

jusqu’au 30 mai 2010
Nicole Hametner – Promenons-nous dans les bois
Espace Arlaud
place de la Riponne 2bis
1005 Lausanne
Tél +41 21 316 38 50

www.musees-vd.ch/fr/ruminearlaud/accueil/

www.pierreaubert.ch

www.nicolehametner.ch

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