Ars brevis vita longa

+Alban Kakulya et Yann Mingard jusqu’au 24 avril 2010 Un Jeudi sur Terre Imaginaid Genève

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 25/03/2010


Alban Kakulya (né le 6 mars 1971) et Yann Mingard (né le 6 mars 1971) ont commencé leur carrière de photographes de retour du Nicaragua où ils se sont rencontrés et où ils ont travaillé pendant plus de trois ans comme volontaires dans des projets d’aide humanitaire. Ils entrent à l’agence Strates Photographies à Lausanne en tant que photographes-reporters indépendants. Ils mettent sur pied le projet «East of a New Eden», un périple documenté sur la frontière extérieure de l’Union Européenne, une sorte d’état des lieux des pays d’Europe Centrale et de leurs frontières. Cette série connaît un succès grandissant et est exposée dans le monde entier. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre aux éditions Lars Müller. Alban et Yann travaillent pour divers magazines et journaux tels que Business Week, Die Zeit, Libération, l’Hebdo ou Le Temps. Alban a suivi une formation de journaliste et a réalisé des reportages sur les conditions carcérales des minorités en Amérique Centrale. Yann s’est spécialisé sur l’Asie Centrale, il a participé à une expédition et traversé le désert du Xin-Jang en Chine. Alban Kakulya et Yann Mingard ont aujourd’hui quitté l’agence Strates et travaillent sur des projets personnels et communs.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Ces deux photographies résument assez bien ce que nous avons tenté de capter sur les frontières extérieures de l’Union Européenne. Quand nous sommes partis fin 2001 sur ces frontières, nous nous intéressions au fait qu’une « forteresse Europe » était en train de se construire, selon les termes usités par un journaliste du quotidien Le Temps. Nous étions curieux de voir comment des pays qui avaient été pendant des années la zone tampon de l’Union Soviétique contre l’influence occidentale, pouvaient opérer leur transition pour devenir la zone tampon de l’Union Européenne contre l’immigration venant de l’Est. Pour cela, nous avons décidé de suivre la frontière au plus proche de sa réalité topographique, une sorte de ligne dure que nous nous sommes imposée. D’un autre côté, nous voulions garder la souplesse de pouvoir nous arrêter dès que le paysage nous le demandait, que ce soit pour des raisons liées à la politique (miradors, barbelés, gardes) ou pour des raisons purement esthétiques (beau paysage, lumière intéressante). La somme de toutes ces images deviendrait une sorte de compte rendu de la frontière européenne, ne portant pas uniquement sur l’aspect politique mais qui décrit la frontière inexistante, la frontière invisible et pourtant bien présente sur les cartes et dans les atlas.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
La photographie documentaire d’influence germanique au niveau du traitement et de la distance utilisée. Nous sommes également laissés influencer par une approche moins angulaire et moins systématique en permettant à notre regard de s’attarder sur des sujets qui ne semblent pas directement liés au thème. Les deux photographies choisies illustrent ce rapport. L’une est très documentaire et ne fait aucun doute sur ce qu’elle montre et l’autre pourrait avoir été prise dans un contexte différent. Les deux pourtant parlent de la même chose, mais vue d’une manière différente. Nous ne voulions pas initier un message politique, pour ou contre la frontière, nous tenions à garder une approche apolitique mais en même temps très subjective.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Comme une invitation à la réflexion.

4- Quelle est la part intime de votre œuvre?
Nous étions nous-mêmes étonnés de la similarité de nos photographies, de la manière semblable que nous avons eue de traiter cette frontière. Aucun voyage n’est que purement géographique, il est toujours une découverte intérieure, peut-être celui-ci plus que d’autres. Se trouver à la frontière d’un empire naissant qui fait face à un vieil ours encore sonné, mais qui promet de se réveiller est une expérience particulière. De plus nous avons toujours pris nos photographies en direction de l’Est, il est certain que cela a dû nous influencer. Un jour se lève sur les empires et que nous promet-il? Cette réflexion inconsciente nous a accompagnée dans nos longs trajets.

jusqu’au 24 avril 2010
Alban Kakulya et Yann Mingard – Un Jeudi sur Terre
Imaginaid Galerie
Rue des Grottes 28
1201 Genève
T: +41 (0)22 734 19 64
Me, Ve, Sa : 14h30 – 18h30
Je: 13h30 – 19h30

www.imaginaid.org/un-jeudi-sur-terre/

albankakulya.com

www.yannmingard.ch

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