Ars brevis vita longa

+ Jennifer Danos jusqu’au 14 mai 2010 Analix Forever Genève

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 16/03/2010


Jennifer Danos naît en 1975 à Chicago. Plasticienne, elle vit et travaille à Minneapolis. Jennifer Danos a suivi les cours de l’Université de l’Illinois, puis ceux de la Urbana-Champaign, et enfin a obtenu son grade de Bachelor à la Rhode Island School of Design. Son travail a été présenté aux Etats-Unis. Récemment, elle a reçu une bourse pour les arts visuels de la McKnight Fellowship. Jennifer Danos est également professeur adjointe au Minneapolis College of Art and Design.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?

Le titre de l’oeuvre est le suivant: Untitled (Imagined Extensions 2), 2009. Cette vue a été prise lors de l’exposition « The More Things Change… » au Banfill-Locke Center for the Arts à Fridley, dans le Minnesota.
Il s’agit d’une projection vidéo de 41 pouces sur 86 pouces qui consiste en une prise de vue de la Rice Creek, une rivière qui serpente à travers le parc situé derrière le Art Center de Fridley. Cette séquence a été filmée depuis le pont en dessus du ruisseau, un mois avant le début de l’exposition. La porte sur laquelle est projetée l’image en mouvement mène dehors, dans le jardin. En fonction de l’heure qu’il est et de la luminosité, la projection est plus ou moins visible.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Mes interventions sculpturales tirent parti de l’instinct humain qui consiste à fltrer les expériences. Une personne pénètre en un lieu et choisit intuitivement avec quels détails il va interagir et ceux qu’il va négliger. Mon travail corrompt ce qui est attendu des espaces publics et privés en faisant porter l’attention sur des éléments matériels qui – normalement – auraient été ignorés. Chaque pièce est réalisée pour un lieu spécifique de manière à s’adresser en particulier aux détails subtiles de l’environnement physique en question. Ces détails sont architecturaux ou le produit du hasard. Par exemple, j’ai reproduit des insectes et des débris que j’ai disposés et accumulés sur le rebord de fenêtres, retrouvant ainsi des motifs qui ont dû exister pendant le processus de construction des surfaces et redonnant vie aux choses et objets qui appartenaient au lieu et qui ont été jetés et mis de côté.
La nouvelle série de vidéos explore l’eau en tant que métaphore à la nature à la fois répétitive et immuable du temps et comment les souvenirs prennent forme consciemment et inconsciemment en découvrant un espace. Utiliser un média en relation étroite avec le temps crée d’emblée cette tension. A la fois parce que les images sont familières mais aussi parce que par abstraction ces images évoquent autre chose que ce qu’elles représentent, elle suggèrent un lieu et un temps de fiction, au-delà des limites de la réalité. Cette série est une nouvelle façon pour moi d’imaginer des espaces et d’exploiter l’histoire résiduelle d’un site.

De surcroît, le spectateur apporte sa propre histoire personnelle à l’espace ce qui a pour conséquence d’augmenter le lieu d’une nouvelle mémoire qui se superpose à celle préexistante. En découvrant mon installation, chacun est confronté à des éléments familiers mais décontextualisés. Je m’intéresse à la manière dont des signaux subtiles de notre environnement peuvent aider ou au contraire perturber nos prises de décisions instinctives.

Ces interventions servent également de métaphores à de plus larges expériences relatives aux frontières floues entre des catégories au semblant incongrues: le naturel et l’artificiel, l’accidentel et l’intentionnel, ce qui est réel et ce qui est perçu. La démarcation entre les éléments devient alors flexible, malléable, se détache des règles traditionnelles. Au final, je souhaite encourager le spectateur à considérer chaque espace en questionnant ses intentions construites et en reconsidérant les habitudes et les définitions.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Je n’ai pas envie de projeter mes propres attentes sur la manière dont les spectateurs devraient ressentir l’oeuvre. Pour la simple et bonne raison que le degré d’implication diffère d’une personne à une autre. Et je suis toujours ravie de découvrir de nouvelles interprétations de mon travail venant de personnes qui ne connaissent pas bien ma pratique. Néanmoins, et comme je l’ai déjà expliqué auparavant, j’espère que les spectateurs seront plus conscient du filtrage subconscient des informations et des décisions qui en découlent directement par rapport à leur environnement et ceci même s’il s’agit uniquement de réagir à mon oeuvre.

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre?
L’expérience à la fois unique et personnelle que chaque spectateur éprouvera, selon ce que chacun apporte à l’oeuvre.

jusqu’au 14 mai 2010
« Public Things »
Jennifer Danos
Analix Forever
Rue de l’Arquebuse, 25
CH – 1204 Genève

tel. +41 22 329 17 09

Site de l’exposition Public Things http://publicthings.tumblr.com/

www.analix-forever.com

www.jenniferdanos.com

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