Ars brevis vita longa

+ Jeanine Woollard jusqu’au 16 mars 2010 Analix Forever Genève

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 28/02/2010


Shark!

Née en 1978 dans le Kent en Angleterre, Jeanine Woollard vit et travaille à Londres. Elle a étudié d’abord à la Middlesex University puis au Goldsmiths College. Elle expose régulièrement lors d’expositions solo ou en groupe, notamment à la galerie Analix Forever à Genève, à E-Raum à Cologne, à la Vegas Gallery de Londres, à la EM Gallery de Séoul ou encore à la White Box Gallery à New York.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Je fais principalement des sculptures et des photographies, en assemblant des matériaux et en les disposant dans des collages élaborés et complexes qui font référence à l’Histoire de l’Art et à la Pop Culture. Dans des photographies récentes, des couvertures en velours bon marché, des posters et des paillassons deviennent des sortes de portails qui mènent à un espaces sauvage et torride au sein duquel je me mets en scène, en tant que muse et intrépide exploratrice. Dans ces aventures baroques, il n’existe pas de limites.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Mes références sont littéraires et historiques, mais reprennent aussi des aspects plus trash de la pop culture. Dans mon travail, j’explorer le monde autour de moi et je traduis mes observations avec humour et au moyen d’objets quotidiens. L’aspect narratif est également très important, même s’il devient très abstrait par la suite: il y a toujours comme un récit sous-jacent qui implique de la séduction, une romance ou un drame. Récemment, j’ai trouvé un poster dans un supermarché et j’en ai fait Shark!. J’ai été fascinée par la facilité avec laquelle j’ai pu découper un trou dans l’image et m’y insérer, ce qui fait immédiatement référence au film Jaws! et aux autres récits parlant de monstres marins comme Moby Dick, aux magiciens qui découpent le corps de leur assistante et à la sirène qui se fait dévorer par un monstre de manière provocante. Les éléments clés de ce travail sont la photographie qui m’inclut en elle et la position de mon corps qui immite les poses des représentations dans l’Histoire de l’Art. Ainsi j’enrichis et je subvertis l’image et je joue avec les notions d’héroïsme, de pin-up et je questionne ma position à la fois d’artiste et de muse.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
J’aimerais que le public puisse lire l’oeuvre sur différents niveaux. Je ne pense pas qu’il y ait une seule façon de l’interpréter, rien que du fait qu’elle soit constituée d’autant de références et d’éléments. Les objets quotidiens qui donnent corps à ma pratique souvent trahissent l’usage premier pour lequel ils ont été créés. J’aime à penser que l’interprétation de mon travail peut incorporer à la fois son humble origine – les objets du quotidiens -l’illusion qu’il produit (ici, moi me faisant manger par un requin). Dans Shark!, le spectateur sait que je suis couchée sur une table en métal dans un atelier et que je ne me fais pas réellement dévorer par un requin. Mais l’image du requin qui me mange, mon t-shirt rouge comme le sang, les baskets grises que je porte aux pieds et qui font office d’aileron, tous ces éléments que j’ai créés apparaissent petit à petit plus forts et éloquents que la réalité.
Il y a également de nombreux détails qui entourent l’action et embellissent la photo, ainsi de l’inscription jaune « 1 Ton », des chaînes au-dessus de moins qui forment un triangle, comme un profile de requin, ou encore le ventilateur sur la gauche qui ressemble à un objet de bateau.

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre?
Au moment où j’ai pris la photo. J’étais dans une position très inconfortable, sur une table en métal glacée et je devais me concentrer pour regarder le poster.

jusqu’en mars 2010
Jeanine Woollard – Analix Forever
Rue de l’Arquebuse, 25
CH-1204 Genève
T. +41 22 329 17 09
www.analix-forever.com

www.jeaninewoollard.com

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