Ars brevis vita longa

+ Gabriela Löffel jusqu’au 27 février 2010 Ex Machina Genève

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 31/01/2010






Née en 1972, Gabriela Löffel suit les cours de Peter Kogler à l’Akademie der bildenden Künste à Vienne. Puis elle obtient à Genève en 2005 le diplôme de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts (ESBA) et en 2006 elle termine avec succès la formation pour l’enseignement artistique HTA (ESBA Genève).
Elle reçoit plusieurs prix et bourses dont quatre fois celle d’aide à la création du canton et de la ville de Berne. Depuis 2003, elle expose son travail en Suisse et à l’international. Elle vit et travaille à Berne et Genève.
L’installation vidéo « The easy way out » a été réalisée grâce aux contributions de l’office de la culture (OC) du canton de Berne, de la Abteilung kulturelles de la ville de Berne, du pour-cent culturel Migros, et avec le soutien de l’École de traduction et d’interprétation ETI à Genève.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?

La scène se situe au comptoir du bar d’un hôtel en Bavière non loin du plus grand camp d’entraînement de l’armée américaine en dehors de leur sol. Un soldat américain de retour d’Irak, la propriétaire de l’hôtel et une vendeuse de voiture se retrouvent ici. Ils parlent de la base voisine, de la guerre, de la politique, de l’administration américaine et, comme autour de tout comptoir, de l’état du monde en général.

Le camp, c’est le fondement du travail. Il permet d’articuler une réflexion autour de la parole dans la vie de tous les jours comme dans les sphères moins accessibles des cercles internationaux de décisions. Le camp met en scène une frontière entre les espaces de la guerre et du quotidien, entre une juridiction militaire et une juridiction civile. Il est un univers où la vie est mise en jeu pour essayer de préserver cette même vie. La ligne de démarcation entre ces différents espaces ne suit pas scrupuleusement les fils de fers barbelés qui empêchent pourtant les civils de pénétrer dans la base. Si on ne peut pas y pénétrer sans autorisation, des éléments sortent du camp et réorganisent la vie dans les environs proches. Ce camp américain en territoire allemand répond une logique ancienne d’exception et d’urgence, une question qui amène aujourd’hui à revoir le droit international. C’est en partant du camp, de ses ambiguïtés et de ses frontières que cette installation vidéo a été conçue.

« The easy way out » s’intéresse à une séparation très différente de celle imposée par la géographie: celle de la langue. Le soldat s’exprime en anglais, la vendeuse en anglais et en allemand, et la tenancière de l’hôtel en allemand mais très peu en anglais. Comment dans un premier temps se comprendre puis s’entendre? Quels sont les dispositifs à mettre en place pour mieux saisir l’autre et échanger avec lui ses opinions?

Pour tenter de dénouer le discours de chacun, l’installation montre des interprètes professionnels : coupés de la scène, ils sont assis chacun dans un box individuel gris, casque d’écoute sur la tête, stylo à la main et micro. Un homme et deux femmes traduisent en simultané l’enregistrement que l’artiste a fait de la conversation entre le soldat américain et les deux femmes au comptoir du bar.

Le cadrage est le même pour tous, ils font face au spectateur, projetés sur trois écrans côte à côte. On ne voit pas les protagonistes de cette scène de comptoir, les interprètes comme au théâtre donnent une voix et surtout un corps à ces paroles.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?

Les réalités dans lesquelles on vit, les pensées de Karl Kraus et d’autres choses.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Chacun à sa manière, mais si de préférence en y passant plus de 20 minutes.

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels sous-jacents?
pas de réponse.

Gabriela Löffel – The easy way out
jusqu’au 27 février
EX-MACHINA
3, rue Cingria
1205 Genève

T. +41(0)22 321 10 00

www.ex-machina.ch

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