Ars brevis vita longa

+ Saskia Edens jusqu’au 27 février 2010 Galerie Nicola von Senger

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 23/01/2010



Diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-arts et de l’Ecole des Arts Décoratifs de Genève, Saskia Edens confronte et combine vidéo, photographie, sculpture, techniques de moulage et performance.
Ces dernières années, elle s’engage plus sérieusement dans la performance en participant en 2007 au Festival «Kopas» à Seoul en Corée du Sud puis, en 2008 et 2009, au festival international «Diverse Universe» en Estonie. Suivent des performances en collaboration avec le groupe Non Grata (EST) à New York et dans le désert du Nevada. En Suisse, ses performances ont été montrées au Kaskadenkondensator de Bâle, au Tanzhaus Wasserwerk de Zurich et dans le cadre du concours national de performance du Kunstkredit. Début mai 2009, elle a organisé à Bâle un festival de performances avec des artistes internationaux.

Parallèlement, ses installations vidéo et objets ont été exposées au Fotomuseum Winterthur (Darkside II), au Kunstmuseum de Coire (avec le collectif Flex dont elle fait partie), au Kunstmuseum de Thoune, au Kunsthaus Baselland, au Wyspa Progress Institute à Gdansk, à la galerie Kritiku à Prague, au Kunstverein Freiburg ou encore à la galerie Nicola von Senger à Zurich.
Suite au concours du Kunstkredit en 2007, l’installation permanente « Portrait anachronique » a été réalisée pour le Bâtiment des Archives de la ville de Bâle. En 2008, elle a reçu le prix culturel de la fondation Alexandre Clavel. Sa vidéo “Make-up” a été acquise par la collection nouveaux-média Dotmov.bl.ch (Kuturelles) du canton de Bâle-Campagne.

1-Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Make-up consiste en un plan séquence dans lequel j’apprivoise mon squelette et découvre l’anatomie de ma structure osseuse, en effleurant les os et en noircissant les parties de chair. Le maquillage (make-up) – comme possibilité de masquer, accentuer, effacer, souligner – est ici poussé jusqu’à ses limites et devient peinture en clair obscur pour faire apparaître le squelette à même la peau. Quand la lente transformation est complète, une danse insolite et désarticulée commence.
La transformation et la danse imbriquent les différents aspects anatomiques et symboliques du squelette, la vie et la mort y sont indissociables. Le squelette fait partie intégrante de notre corps en tant que structure portante et vivante puisqu’en constante régénération. Il est le lieu de production des cellules sanguines, mais est aussi le symbole de la mort. Il en est même le résultat final puisqu’il ne reste qu’une carcasse immobile qui subsiste au vivant. Ici le squelette est dansant et semble naturellement rieur par la forme de ses mâchoires. Il endosse le comportement des vivants, faisant d’ailleurs plus référence au culte mexicain qu’à la danse macabre européenne. En tentant de déjouer la mort, on peut rire des vivants.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Dans Make-up comme dans mes autres performances, il y a une référence à la peinture, au geste et à l’acte de peindre. La transposition picturale est dans Make-up le fait de dessiner, transposer en deux dimensions le squelette sous-cutané sur les volumes du corps. L’acte de peindre qui transforme et se fait dans le temps est tout aussi important que le résultat.
Une de mes sources d’inspiration sont les rituels, le culte mexicain de la mort, les célébrations, les transformations physiques et psychiques. Les pratiques du corps en mouvement, le domaine tactile, les sensations sont également une base de mon travail visuel et performatif. À travers ces pratiques, j’ai pu sentir mon squelette comme structure portante, le flux du sang, sentir l’intérieur de mon corps qui se dérobe à mes yeux.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Mon contrôle s’arrête là où quelqu’un entame une lecture personnelle de mon travail. J’essaie de clarifier mon propos, de mener à bout et à bien mon idée et sa réalisation. Ensuite, c’est en recevant les échos différents que produit mon travail que j’éprouve l’efficacité de ma démarche.

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels?
L’expérience de découvrir et faire découvrir à d’autres personnes mon propre squelette. Une expérience que je recommande à tous!

jusqu’au 27 février 2010
Saskia Edens
Galerie Nicola von Senger
Limmatstrasse 275
8005 Zürich
T +41 44 201 88 10

www.nicolavonsenger.com

www.saskiaedens.com

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