Ars brevis vita longa

+ Marie Hendriks jusqu’au 30 mars 2010 Analix Forever Genève

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 20/01/2010


Née à Nijmegen aux Pays-Bas en 1981, Marie Hendriks étudie les Beaux-Arts (ENSAB) à Bourges de 2000 à 2005, puis suit les cours du Fresnoy de 2005 à 2007. Elle vit à Drulon et travaille entre Drulon, Paris, Wanroij, Gand et la Sardaigne. Après la présentation de nouveaux dessins, photos et sculptures à la galerie Analix Forever à Genève (en simultané avec le solo show de l’artiste anglaise Jeanine Woollard), Marie Hendriks exposera ensuite au vestibule de la Maison Rouge à Paris, puis à l’Oda Parc à Venray, au Het Raam de Venlo (Pays-Bas), pour enfin en été 2010 exposer en solo au centre d’art de Lacoux.

1-Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Il s’agit d’une photographie et d’un dessin issus d’une même série prélude à un film.
Des filles posent dans un paysage exotique aux couleurs chatoyantes. Elles sont en attente du scénario. Elles sèment le doute : l’action va-t-elle se produire ou a-t-elle déjà eu lieu?  Quelques accessoires redondants situent l’histoire sans pour autant donner trop d’indices sur le temps. Les filles des dessins sont ma petite sœur et moi-même, des extraits de photos souvenirs replacés dans un paysage chimérique, dans un passé imaginaire. Les personnages de ces photographies occupent un décor réel mais leurs costumes et la mise en scène lui donnent un aspect invraisemblable. Elles, pour autant, ne sont pas troublées: leur regard est transperçant, crédible dans un espace artificiel, bien trop beau pour être vrai. Ce même flottement est relayé dans le dessin par les différences de traitement entre les visages, leurs expressions et le paysage de l’arrière-plan.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
L’origine de cette histoire  de western spaghetti baroque fait référence au carnaval d’Oristano en Sardaigne. Chaque année, depuis le XIVe siècle, les différentes écuries de la ville – sous le patronage du Su Componidori – partent à la chasse aux étoiles. Les cavaliers masqués sont vêtus des plus beaux brocarts traditionnels et leur monture parées de rosettes de soie. Pendant ces festivités, un contraste étrange s’installe entre le raffinement des apparences et la virilité nécessaire pour surmonter les épreuves. Dans cette compétition s’est immiscée une journée des enfants de Sartiglia. Je me suis intéressée à la manière dont une course exclusivement masculine – ou presque – est reprise par des jeunes compétitrices. Les fillettes sont dans un double jeu de reprise : non seulement elles perpétuent une tradition ancestrale avec des gestes minutieux et cérémonieux, mais aussi elles imitent les adultes observés durant les jours précédents.
 
Je prélève de la Sartiglia des morceaux de folklore, des gestes, des décorations de fête, je déforme les proportions, le tout par analogie au genre western, aux figures équines mythologiques, aux portraits équestres…
 
Les différents éléments restent reconnaissables mais les mélanges et le brouillage des  unités de temps et de lieux procurent aux représentations une ambiance magique. Dans un environnement vraisemblable, un élément mystérieux altère l’interprétation première de l’événement et ouvre une porte vers un univers parallèle.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Au moment de l’exposition, j’investis complètement l’espace. Il est camouflé sous une surenchère de papier peint, moquettes, draperies et ornements. La frontière entre la mise en scène des œuvres et celles de l’espace d’exposition devient floue.  Cet entre-deux engendre un magma  joyeux ou les pièces dialoguent entre elles, le spectateur devient  figurant  dans un environnement délirant. Pour autant, je souhaite laisser mes pièces ouvertes, favoriser l’échappement via le rêve. 

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels?
Les mythologies familiales, les souvenirs faussés ou les archives des aïeuls me servent souvent de point de départ à ma narration. Les membres de ma famille sont mes acteurs de prédilection. Les histoires que je raconte ne sont pourtant pas des histoires intimes mais des allégories, des espaces mentaux en tension entre amour et mort, beauté et dégoût. Je veux montrer de manière indirecte et avec dérision des situations de doute et de trouble, des obsessions.

jusqu’en mars 2010
Marie Hendriks
Analix Forever
Rue de l’Arquebuse, 25
CH – 1204 Genève

tel. +41 22 329 17 09

www.analix-forever.com

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