Ars brevis vita longa

+ Fabio Marco Pirovino jusqu’au 31 mars 2010 Coalmine Winterthur

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 18/01/2010


Fabio Marco Pirovino est né en 1980 à Bâle. Après des études d’art à Lucerne, il suit des études études de photographie à Zurich. Son travail est principalement exposé en Suisse.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Il s’agit d’un collage réalisé avec Photoshop, un combinaison de douze de mes images (photos, dessins, impressions laser et scans de smileys achetés dans un magasin). Dans mon travail, j’aime combiner divers médias et les agencer en une installation. Ici il s’agit d’une composition est imprimée en jet d’encre, 100 cmm x 150 cm, est placée dans un cadre brun foncé. Il s’agit d’une image tirée d’une série de trois compositions, toutes nouvelles puisque datant de novembre 2009, et s’appelant: tableaux III, happy slapping in yo face.
Comme je l’ai dit, d’habitude je crée des installations qui rassemblent des photos, des peintures, des aquarelles, des sculptures. Mais ici j’ai voulu agencer tout cela en une seule et même image, ce que je suis parvenu à faire en contrastant chaque élément de la composition grâce à une sorte d’ombre qui les entoure (une ombre créée sur Photoshop). Cette ombre fait référence à l’ombre que possède chaque fenêtre d’une interface Mac. Je me suis rendu compte que c’est justement cet effet ombragé qui rend Mac OS X plus élégant que les systèmes d’exploitation des PC. Et surtout le système d’exploitation de l’ordinateur de mon dentiste qui paraît particulièrement laid. J’ai d’ailleurs toujours pensé qu’il s’agissait d’un très vieux modèle et qu’il devait le changer jusqu’au jour où je me suis rendu compte qu’en fait l’appareil était plutôt récent mais que le système paraissait obsolète et laid, sans ombrage, sans subtilité.
J’ai longtemps voulu rendre cet effet sans vraiment y parvenir. Mais j’y suis finalement arrivé grâce à la couleur du fond qui donne le contraste recherché et donne l’impression que les différents éléments flottent en-dessus de ce fond coloré.
En ce qui concerne les différentes images, j’ai fouillé dans mes archives pour mettre la main dessus. Il s’agit de photographies que j’ai toujours aimées mais que jusqu’alors je n’avais pas encore trouvé d’occasion pour les utiliser. Et je suis ravi d’avoir pu leur trouver une place de choix dans un de mes travaux. Les dessins font également partie de ma collection personnelle et privée d’esquisses. Je me suis mis à dessiner il y a de cela environ 4 ans. A chaque fois j’utilise une feuille A4 biodégradable. C’est un processus auquel je ne parviens pas à mettre un terme: dès que je commence, je ne peux m’arrêter de tracer ce genre de formes. Ces derniers temps, ces formes se font toujours plus douces et rondes. Ce qui me plaît c’est de partir toujours du même format – la feuille A4 – mais de le remplir différemment, d’y agencer le nouveau tracé d’une autre manière que le précédent. Ces esquisses se situent entre la 2D et la 3D. L’Architecture m’influence énormément, tout comme les gravures de l’artiste basque Eduardo Chillida.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Pour moi, comme pour beaucoup d’artistes, la chose la plus important c’est la formalité. Même si je m’intéresse au monde extérieur et que je raffole de l’actualité. Mais je pense simplement qu’il n’est pas possible d’avoir ce genre de problématiques au sein d’une seule image. Ce que je m’efforce de faire c’est d’utiliser une image en tant que source d’une seule petite information, qui consiste en fait en la référence qui m’intéresse et qui motive mon travail. En général, le spectateur ne s’en rend même pas compte, peut-être à la limite le ressent-il. C’est du moins ce que j’espère.
Mon travail traite également de la violence structurelle, ce qui n’est pas forcément le sujet le plus attrayant qui soit. C’est la raison pour laquelle je conçois dans mon travail un système coordonné: on retrouve au travers de mes différents projets des éléments récurrents tels que les smileys, les casquettes new-yorkaises ou encore mes esquisses aux contours particuliers.
Aussi, je ne commence jamais un nouveau travail, je poursuis plutôt un ancien processus, je le développe.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
J’aimerais que le spectateur prenne le temps de regarder l’image et de se faire sa propre opinion avant d’attraper la fiche qui explique de quoi il s’agit. J’aimerais qu’il regarde mon travail comme une image qui se passe d’explications. J’aimerais qu’il ne cherche pas à tout prix à démêler un problème, à analyser l’oeuvre.

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels sous-jacents?
Mon travail ne m’implique pas personnellement. La chose la plus intime de mon travail en général c’est que j’ai grandi avec sous les yeux les eaux fortes de Chillida, un canapé de Le Corbusier et en visitant de nombreuses fois le musée Picasso à Barcelone étant enfant. Comme me le répétait mon professeur: j’ai été gâté par la modernité. Et je déteste globalement tout ce qui touche de près ou de loin à la bourse.

20th Century Fox, in Memory of Thomas Knoll und Leitmotif
jusqu’au 31 mars 2010
CoalMine
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