Ars brevis vita longa

+ Basim Magdy jusqu’au 31 décembre 2009 Kunsthaus Baselland Muttenz/Bâle

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 16/12/2009

Last Good Deed sur la façade du Kunsthaus Baselland

Basim Magdy naît en 1977 à Assiut, en Egypte. Il vit et travaille entre Bâle et Le Caire. Son travail a été notamment présenté à Pise à la Fondazione Teseco per l’Arte, à la Newman Popiashvili Gallery de New York, à la Falaki Gallery de l’Université du Caire en Egypte, à l’ADN Galeria de Barcelona, au MUSAC (Museo de Arte Contemporáneo de Castilla y León), au Zendai Museum of Modern Art de Shanghai, à la SAW Gallery d’Ottawa ou encore à TINA B, le festival d’art contemporain de Prague.

1-Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Le projet Last Good Deed commissionné par le Kunsthaus Baselland consiste en un affichage publique (en extérieur) et un poster. L’affiche recouvre la façade du Kunsthaus et le poster – qui comporte deux faces – est en accès libre à l’intérieur de l’institution. Visuellement, l’image reprend l’esthétique publicitaire, ceci pour mieux « s’insérer » dans son environnement et de manière à attirer l’attention du public. Le style publicitaire de l’affiche couplé à un texte qui n’a rien de promotionnel sont les instruments dont je me sers pour rendre mon travail lisible au public et pour communiquer ses idées intrinsèques.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Il s’agit d’utiliser l’espace publique pour poser la question suivante: que ferait une personne consciente de sa mort imminente? Je m’intéresse à la présence de la mort, au poids de la possibilité d’une vie après la mort sur l’existence, et par conséquent à l’importance de la foi religieuse dans une société économiquement satisfaite. Comme dans la plupart des mes projets, celui-ci traite de l’espace à la fois vaste et vague qui sépare la réalité de la fiction et au sein duquel la religion occupe une place importante. Historiquement, la foi était bien plus présente en Europe qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ce déclin a pour conséquence de rendre les concepts de paradis, vie après la mort et enfer obsolètes et sans effet. Mais pour autant, en contrepartie, il n’y a rien, rien d’autre en réponse à ce déclin que du néant, un gigantesque néant.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Je suis heureux même si seulement une personne sur dix qui ont vu l’affiche en conduisant s’en rappelle encore en arrivant à destination. Pareillement, plus il y aura de visiteurs qui prendront un poster pour l’accrocher chez soi pour qu’il devienne un élément de leur quotidien, plus je serai content. C’est le coeur de ma démarche: faire naître le débat en confrontant le spectateur à mon travail dans son intimité, en relevant la question de la mort imminente, de la conscience que les gens en ont et de l’importance fondamentale de cette interrogation, en résumé.
4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels?
L’élément le plus intime de ce travail, c’est le poster lui-même. Pour moi, il était très important que l’oeuvre soit gratuite et que les spectateurs puissent l’emporter chez eux, qu’ils puissent s’en servir comme d’un poster à accrocher sur leurs murs et qu’ils puissent le regarder au quotidien, dans le confort de leur appartement, là où ils se sentent le plus en sécurité. Ainsi, ce qui est public devient privé et le travail peut se lire et s’apprécier dans un contexte plus détendu, plus intime. De plus, le poster possède deux faces. Sur chaque côté, la même image est reproduite, seule la phrase qui l’accompagne diffère. Sur l’un des côtés, la réflexion reste ouverte, sur le second, elle est complète mais pour autant n’apporte pas plus de réponses. A chaque personne ensuite de déterminer de quel côté accrocher le poster et par conséquent quelle sentence lire au quotidien. Ce choix m’apparaît comme un élément qui manque aux spectateurs dans l’espace publique: on ne peut décider de ce que l’ont veut voir, lire. Par cette stratégie de poster, j’ai voulu offrir aux spectateurs une véritable alternative, un réel pouvoir et liberté de décision sur l’oeuvre elle-même.
jusqu’au 31 décembre 2009
Basim Magdy
Last Good Deed
en extérieur
Kunsthaus Baselland
St. Jakob-Strasse 170
CH-4132 Muttenz/Basel
+41 (0)61 312 83 88

www.kunsthausbaselland.ch

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