Ars brevis vita longa

+ Laurent Kropf jusqu’au 10 janvier 2010 Espace Doll Lausanne

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 07/12/2009

Primary Structures

Primary Structures

Né en 1982, Laurent Kropf suit une année durant les cours de photographie au CEPV de Vevey avant de rejoindre l’ECAL où il étudie le design industriel puis les arts visuels. En 2005, il obtient son diplôme en arts visuels puis entreprend pendant une année des études de cinéma. Aujourd’hui, il a installé son atelier à Renenc et travaille au montage des expositions du MAMCO à Genève.

1-Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Primary structures est un cube dont la surface s’apparente à du sable ou à du béton. Inséré entre les pilotis de la Fondation suisse à Paris, il donne l’illusion d’avoir toujours été là, avant le prisme de béton qui le surplombe, ou alors sculpté dans la même masse. Si on connaît l’histoire du Pavillon suisse, on sait qu’il est construit sur les cavernes laissées par les carrières de pierres de la ville de Paris. Primary structures, un volume remonté à la surface, qui crée donc un vide en dessous, ce vide menaçant la stabilité de la construction. Du cube jaillit une paire de défenses de mammouth; il devient alors objet archéologique, à la manière de ces mammouths découverts en Sibérie, que l’on a extrait du permafrost en découpant autour un cube de terre gelée.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Cette sculpture est avant tout issue d’une lecture des idées du Corbusier, de sa volonté de mettre la vie au centre de son projet d’architecture, tout en faisant appel à un répertoire de formes géométriques. Ainsi de l’intérieur du Pavillon suisse, où les conduites d’eau sont en surface, laissant apparaître le fonctionnement «biologique» de la machine à habiter : un Centre Pompidou avant l’heure, en somme!
Dans Primary structures, le volume minimal – dans le sens de minimal art, Primary structures étant le titre de l’exposition fondatrice du mouvement – a aussi valeur de contenant. Or, nous savons à quel point les artistes liés au minimal art ont tenu à vider la forme géométrique de tout contenu sémantique ou idéologique en faisant appel aux techniques de fabrication industrielle. Ici, de la forme moderne, surgit un objet archéologique, comme si l’Histoire s’était à ce point accélérée que les formes les plus modernes étaient déjà habitées de fossiles, de squelettes et d’outils inidentifiables, comme si l’utopie de progrès portée par l’industrialisation du siècle dernier était à ce point éloigné qu’il ferait partie d’une autre strate logique et géologique.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Ma volonté est avant tout de rentre en communication avec le spectateur. Le principe qui veut que le spectateur s’approprie une oeuvre d’art comme il l’entend me semble être quelque-chose d’assez lâche et le spectateur se retrouve souvent un peu seul.
Pour la forme, elle est un vecteur de sens – comme dans une publicité – et peut, par la séduction, rendre la lecture en profondeur superflue; mais cette séduction est une condition sine qua non à l’approfondissement de la réflexion.

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels?
De manière générale, l’intime entre peu en ligne de compte dans la conception d’une oeuvre; ou plutôt, il s’agit d’une intimité que nous partageons avec notre culture, notre Histoire, notre littérature. Mes travaux visent avant tout un partage intellectuel; ils ne sont pas le fruit de sensations ou d’un don quelconque… Je n’aime pas beaucoup parler: je m’attends à ce que mes réalisations le fassent à ma place; j’attends donc de ma production une sincérité totale.

Laurent Kropf
du 10 décembre 2009 au 10 janvier 2010
DOLL ESPACE D’ART CONTEMPORAIN
avenue César-Roux 4
1005 Lausanne

www.espacedoll.ch

Heures d’ouverture :
14h à 18h du mercredi au samedi

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