Ars brevis vita longa

+ Maria Petschnig jusqu’au 5 décembre 2009 Marks Blond Project Berne

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 24/11/2009


Live Video Performance ‘Born To Perform’, 179 Canal, NYC, 2009


Maria Petschnig est née en 1977 à Klagenfurt en Autriche. Elle étudie la peinture à l’Academie des Beaux-Arts de Vienne et au Royal College of Art de Londres. En 2003, elle quitte son pays et s’installe dans le quartier de Brooklyn à New-York. Elle utilise divers médias pour analyser le corps, jouer avec l’idée que les vêtements sont des fétiches. Ce faisant, elle interroge la perception d’un corps nu et se demande s’il est possible de repenser intégralement cette perception. Ses œuvres sont présentées internationalement dans des expositions collectives et personnelles. En janvier 2010, elle présente une nouvelle installation vidéo à la On Stellar Rays Gallery de New-York.

1-Pourriez-vous décrire votre oeuvre?
Mon travail explore les relations qui se tissent entre le corps et les habits, plus particulièrement les questions qui concernent la sexualité, l’identité, le voyeurisme et le fantasme, et ceci selon un point de vue féministe ou post-féministe. J’use intentionnellement de stéréotypes, je multiplie les rôles, les pauses et les personnages, de façon à créer un constant va-et-vient entre le sensuel et le grotesque. Tout vêtement se rapporte à la fois à un sexe en particulier et donc à un déguisement social.
Depuis le début de ma pratique artistique, je me suis mise en scène dans des performances privées (dans mon appartement, sans public) durant lesquelles mon corps consistait en la matière première de l’œuvre, paré de pièces de vêtements modifiées selon mes goûts. En plus de ces tenues, j’utilise différents ressorts scéniques pour créer un décor qui corresponde au mieux à ma vision artistique. En dédaignant de manière franche et parfois dérangeante les conventions qui déterminent les rapports sociaux entre les personnes en fonction de leur genre, je m’efforce d’encourager un regard différent, vrai et dénué de tout jugement sur la perception objective d’un corps.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?
Je fais référence aux spectatrices, ou plutôt je m’adresse à elles. Les représentations publiques et privées du corps de la femme – dans les films, à la télévision ou en photographie – sont souvent intimidantes alors qu’elles devraient donner confiance à toutes les femmes, en leur donnant un certain pouvoir. Les médias ne choisissent de montrer que des vues extrêmement manipulées de la féminité, et qui répondent à des codes, des modèles et des idéaux de beauté particuliers, prédéfinis. Ces orientations que prennent constamment les médias finissent par avoir un impact sur la façon de chaque femme se perçoit. D’un côté, la femme moderne a durement gagné le droit de ressembler à ce qu’elle souhaite, en s’habillant, se maquillant, en prenant rendez-vous chez un chirurgien esthétique, mais de l’autre côté, la société n’a pour autant pas modifié vraiment sa façon de considérer le corps féminin. Et en plus, la nudité et la sexualité sont traitées de manière très ambivalente dans la société américaine. Mon travaille s’intéresse à ces différents conflits.

3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?
Je ne recherche, ni ne suggère une lecture particulière. Mais j’aimerais susciter des réactions, positives ou négatives, peu importe. On peut être dérangé, offensé, excité, intrigué ou inspiré par mes travaux. Je veux sortir les spectateurs de leur passivité et leur faire prendre une position critique par rapport à l’œuvre, j’aimerais qu’ils soient plus conscients – sur un plan émotionnel, psychologique et rationnel – de ce qu’ils voient et entendent.

4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels sous-jacents?
Jusqu’à présent, j’ai toujours préféré utiliser mon propre corps dans mon travail, ceci à la fois pour garder un contrôle total sur les images et pour des raisons pratiques évidentes. Je considère cela comme une nouvelle façon de se présenter en tant que féministe. En outre, je me suis toujours intéressée à la démarcation enter le privé et le public. Utiliser mon corps dans le privé pour une présentation publique fait partie de mes interrogations très personnelles.

www.maria.petschnig.cc

du 28 novembre au 5 décembre 2009

Marks Blond Project r.f.z.k.
Speichergasse 8
postfach 502, 3000 Bern 8

Tél. +41 (0)31 312 47 76
Mobile +41 (0)78 851 89 08
www.marksblond.com

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