Ars brevis vita longa

+ Maria Trofimova jusqu’au 31 janvier 2010 Mudac Lausanne

Posted in ., arts by sweetsweetzerland on 01/11/2009
Byzantine Supertjet

Byzantine Supertjet

Byzantine Superjet

Byzantine Superjet

Maria Trofimova naît en 1984 dans le région de Moscou en Russie. En 2008, elle reçoit son diplôme en communication visuelle et photographie à l’Ecal). En 2009, Byzantine Superjet (The Field of Wonders) – son travail de fin de diplôme – obtient le Prix Fédéral de Design 2009 (Suisse) et le BFF Foerderpreis 2009 (Allemagne) . Maria Trofimova poursuit actuellement des études de master à l’Ecal. Elle vit et travaille en tant que photographe indépendante à Genève et expose régulièrement dans sa ville de résidence, ainsi qu’à Lausanne, Stuttgart ou Berlin. Sa prochaine exposition collective se déroulera du 16 novembre au 19 décembre à la galerie Hors-Jeu à Genève.

1- Pourriez-vous décrire votre oeuvre?

Ce travail photographique, qui est aussi mon projet de diplôme, se présente sous la forme d’un journal A3 de 44 pages. Il a été réalisé en Suisse et en Russie, mon pays d’origine. Ma position entre deux cultures m sert de réflexion de départ. Née en Russie et ayant quitté mon pays en 1990, il me reste des images lointaines d’enfance, des souvenirs, une vision à distance, au passé, mais aussi au présent, d’un pays que je regarde aujourd’hui évoluer. Mais cette évolution m’échappe un peu, car je n’y participe plus. Mes voyages là-bas sont de ce fait particuliers: je suis, si l’on peut dire, une touriste dans mon propre pays.
C’est une sorte d’aller-retour mental, entre la vision de l’Occident sur l’ex-URSS et la réalité de la Russie d’aujourd’hui, où cohabitent dans le paysage les traces du minimalisme soviétique et les fantasmes baroques d’un pays qui se redéfinit dans une nouvelle oppulence, une profusion, une abondance assumée.

2- Quelles sont les références auxquelles vous faites appel?

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les images de reportage, les documentaires de l’ancienne Union soviétique, tout ce mélange de propagande volontaire et involontaire, ont engendré les préjugés culturels et les stéréotypes qui ont encore cours aujourd’hui. Ce sont ces images-là, l’identité esthétique forte dont elles sont chargées, qui ont inspiré visuellement mon travail.

J’ai voulu créer un objet qui assume une part affective, qui évoque la nostalgie, un album de famille, un papier peint ancien, un poster qui a déteint, un catalogue touristique… Pour ce faire, j’ai utilisé – pour cette édition – un papier légèrement jauni, une qualité d’impression volontairement moindre, des couleurs ternes et désaturées, et j’ai collé sur les pages de petites images – qui sont en fait des autoportraits, des portraits-studio de mon enfance recréés pour l’occasion, sur lesquels je porte des parures et rubans dont on m’ornait. Différents types d’images sont juxtaposées et confrontées, créant ainsi des associations semblables à celles que l’agencement des souvenirs peut faire naître.


3- De quelle manière aimeriez-vous que votre oeuvre soit perçue?

Je suis intriguée par la facilité avec laquelle on définit une image comme “réelle” ou “mise en scène”. je me demande toujours quels les indices qui peuvent créer ces impressions. J’ai essayé de m’amuser avec ces indices, de brouiller un peu les pistes, de présenter des images “stéréotypées” en acceptant le fait que les stéréotypes peuvent être vrais. Les personnes représentées sur les portraits sont ainsi des figures symboliques et caricaturées, mais n’arrive-t’il pas parfois que l’on se comporte comme son propre stéréotype?
J’ai tenté dans ce travail de parler avec légèreté du regard ethnographique que l’on adopte bien souvent lorsque l’on traite d’une autre culture. Le titre est une référence au voyage et au territoire de projection de nos propres fantasmes qui se met en place lorsqu’on est amené à représenter une autre culture, à faire l’inventaire de ce qui y est marquant, symbolique, extraordinaire.


4- Quelle est la part intime de votre oeuvre, les éléments personnels sous-jacents?

Dans ce travail en particulier, je crois que tout est autobiographique et en même temps, tout est fiction.
« I’ll tell you all my secrets, but I lie about my past » (Tom Waits)

http://www.dedicatedtoyou.org/maria/

PRIX FEDERAUX DE DESIGN 2009
jusqu’au 31 janvier 2010
mardi-dimanche 11h-18h

Mudac
pl. Cathédrale 6
1005 Lausanne
T. +41 21 315 25 30
F. +41 21 315 25 39

www.mudac.ch

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